Arrestation des membres de l’ex-Cnrdre : «Nous ne sommes pas des partisans de l’injustice, mais d’énonciateurs de l’imposture», déclarent les responsables du MP-22

Le Mouvement populaire du 22 mars 2012 (MP-22) a, au cours de la conférence de presse qu’il a organisée, le lundi 10 mars 2014, dans les locaux de la radio Kayira à Djélibougou, estimé que le pouvoir est en train d’instaurer une parodie de justice pour tromper le peuple. Les conférenciers ont dénoncé l’attitude du ministre de la Justice à protéger les auteurs du contre coup d’Etat du 30 avril dont il est leur avocat.

 

 

 

«Nous ne sommes pas des partisans de l’injustice, mais d’énonciateurs de l’imposture», «Ce n’est pas de la justice mais de la vengeance». C’est par ces déclarations que les responsables du MP-22 ont jeté l’anathème sur la Justice dont la seule volonté, à travers Me Mohamed Ali Bathily, ministre de la Justice Garde des Sceaux, est de faire regretter aux membres de l’ex-Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) leur coup d’Etat salutaire du 22 mars 2012. Ils reprochent au ministre Bathily de s’acharner sur le général Amadou Haya Sanogo et ses hommes tout en accordant l’impunité à ceux qui ont tenté de les liquider au cours du contre coup d’Etat du 30 avril 2012.

 

 

Les conférenciers se disent ne pas être partisans de l’injustice, mais d’énonciateurs de l’imposture. Pour eux, ce qui ne passe présentement n’est pas de la justice, mais de la vengeance. Aussi ont-ils profité de cette conférence pour demander au ministre de mettre les auteurs du contre coup d’Etat à la disposition de la Justice afin de démasquer ses vrais commanditaires qui jouissent de l’impunité.

 

 

 

S’agissant des morts attribués au général Sanogo, la présidente du MP-22, Mme Rokia Sanago, a déclaré que : «les corps déterrés sont les corps de l’apatride Dioncounda Traoré». Selon elle, ce dernier doit être entendu par la justice en tant qu’ancien chef de l’Etat de la CEDEAO.

 

 

Y.S

 

Déclaration du MP- 22 ;

L’arrestation du Général Amadou Haya SANOGO et de ses compagnons : justice ou vengeance?

 

 

On se souvient de l’arrestation rocambolesque du général Amadou Haya SANOGO, ancien chef de l’Etat, survenue le 27 novembre 2013 sous le son des tambours et trompettes.

 

 

 

C’est un fait avéré que dans le système de démocratie bourgeoise, capitaliste, la continuité de la gestion gouvernementale par la même équipe atteint son paroxysme aux alentours de quinze (15) ans. Au-delà, on entre dans un système sclérosé, corrompu et mortifère qui hypothèque gravement l’avenir de toute nation, surtout quand elle est confrontée à une grave crise comme la nôtre.

 

 

 

Le Mali, aujourd’hui, à la croisée des  chemins, se trouve dans ce cas de figure, où le régime ADEMA- FDR, fortement ébranlé le 22 mars 2012, tente de se perpétuer à travers le gouvernement Oumar Tatam LY du Président IBK en instrumentalisant la justice.

 

 

 

Cette stratégie de survie-perpétuation se traduit aujourd’hui par un acharnement judiciaire sans limite contre nos forces armées et de sécurité, par une défiance sans précédent dans l’histoire contemporaine de notre nation contre cette même armée que le gouvernement tente de confiner au rôle de forces supplétives de l’armées française à travers un accord de défense, accord qui, s’il devait jamais être signé un jour, sera le summum  de la trahison nationale.

 

 

 

Cet acharnement sans précédent, couronnement de plus de 20 ans de destruction de l’armée nationale, se traduit en ce moment par l’arrestation massive de plusieurs dizaines de militaires, de gendarmes, d’éléments de la garde et de la police nationales. Ces arrestations qui ont commencé au lendemain de l’intervention française (cas de Siméon Keïta et de Siriman Fané en avril 2013 avec d’autres éléments du syndicat national de la police) et qui se poursuivent avec la bénédiction de la France impérialiste visent deux objectifs : premier objectif : punir tous ceux qui ont été de près ou de loin associés au coup d’Etat salutaire du 22 mars 2012.

Deuxième objectif : détruire tous les souvenirs du CNRDRE qui effraient effectivement «les gens de Bamako» qui veulent continuer à frayer en rond et en toute tranquillité avec la France impérialiste, même si c’est au détriment de l’intérêt supérieur de notre nation, au prix de violations systématiques des droits démocratiques élémentaires des détenus et du secret de l’instruction.

 

 

 

Peut-on imaginer que tous les membres du CNRDRE et des dizaines d’autres soldats et sous-officiers soient impliqués dans la liquidation présumée sommaire de 21 bérets rouges ?

 

 

Est-ce que des bérets verts n’ont pas été froidement abattus le 30 avril 2012 ?

Qui a poussé les bérets rouges à aller attaquer la garnison de Kati, l’ORTM et l’aéroport de Bamako-Sénou ?

 

 

 

Que fait-on de l’organisation de la cérémonie de pardon réciproque entre «bérets verts et rouges» par le champion de la CEDEAO et de la France, le Pr Dioncounda TRAORÉ ?

 

 

Y a-t-il une poursuite judiciaire contre les commanditaires et auteurs du contre coup d’Etat sanglant pro MNLA du 30 avril 2012 ?

 

 

Pourquoi depuis trois mois, le général Amadou Haya SANOGO n’a pas encore été entendu par son juge accusateur ?

 

 

Le général Yamoussa CAMARA paye-t-il pour son audacieuse dénonciation de l’ambassadeur franco-MNLA au Mali ?

 

 

Est-ce cela la nouvelle justice du Mali d’Ibrahim Boubacar KEITA ?

 

 

Sait-on que Christophe DEMBÉLÉ, Issa TANGARA et Séba Lamine SANGARÉ, pour ne citer que les trois, ont été soumis à des brutalités et autres tortures dont le but était d’extorquer des aveux qui accréditent la thèse de l’accusation ?

 

 

Dans le cas précis de Séba Lamine SANGARÉ, le chauffeur du général Amadou Haya SANOGO, les tortionnaires voulaient lui arracher des aveux coûte que coûte sur le colonel Youssouf TRAORÉ.

 

 

Tous ces faits démontrent, si preuve en était encore besoin, que l’accusation n’a rien contre le général Amadou Haya SANOGO et ses compagnons.

Mais au fait, peut-on attendre une vraie justice de la part d’un système judiciaire non reformé, système judiciaire imaginé, édifié et encore contrôlé par ceux qui ont été ébranlés le 22 mars 2012 ?

 

 

C’est à cette dernière question que notre peuple doit répondre aujourd’hui de toute urgence car de la solution qui lui sera donnée dépend le futur immédiat de notre pays.

Tout en saluant la libération des trente-deux collaborateurs du général Amadou Haya SANOGO, le MP-22 exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les militaires arbitrairement arrêtés.

Le secrétariat du Mouvement Populaire du 22 mars 2012 (MP-22)

Bamako, le 10 mars 2014

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