Fatoumata Kouyaté dite Yéliguiné : Une griotte multi-instrumentiste

Elle est griotte, multi-instrumentiste. Cette guinéenne est en train de faire le tour du monde. Elle est sollicitée et invitée dans les grands festivals en Europe, Amérique et Afrique. Actuellement, elle est à Conakry pour un repos de quelques semaines. Nous l’avons rencontrée. Rappelons que, Fatoumata Kouyaté a participé à la dernière édition du festival  »Triangle du Balafon » du Mali en novembre 2009, à Sikasso.

 

 

Fatoumata Kouyaté, âgée de 40 ans, est  mère de 8 enfants. Cette dame est une polyvalente, car elle joue la plupart des instruments de musique guinéenne. Fatoumata Kouyaté est issue d’une famille de griots. Dans laquelle il n’y a pas de secret pour la musique ce qui fait d’elle à la fois balafonniste,  batteuse de tamtam, tambour, n’tamani, m’bolon, et bien d’autres instruments musicaux.

    Fatoumata Kouyaté, Yéliguinè, qui veut dire griotte en langue Soussou, est dans ce métier depuis le bas âge. Elle maîtrise tellement bien ses instruments, qu’on oublie qu’elle n’est passée par l’école française, encore moins dans une école de musique. Malgré les difficultés rencontrées,  elle est sortie victorieuse grâce à sa passion pour son métier. A en croire à ses propos, le goût du métier, aussi masculin le pense- t- on, lui a valu d’énormes difficultés, notamment, la perception mythique du métier accordé aux ancêtres et qui ne mérite qu’un exercice masculin. Aussi son aptitude physique en tant que femme, pesait sur elle quand il s’est agi de la manipulation rapide de ces instruments. Mais comme on le dit souvent qui veut,  peut. Elle est en tout cas parvenue à aller loin.

     L’expérience et l’intelligence n’ont pas manqué à  cette femme,  font  d’elle une brave femme dans la culture guinéenne. Comme le disait le premier Président de la République de Guinée  feu Ahmed Sékou Touré :  » Le premier mari d’une femme, c’est son métier « .  Yéliguinè a tout abandonné au profit de son ambition pour ce métier. Pour elle, une femme ne doit toujours pas être dépendante de son mari, mais plutôt les  conjoints doivent s’entraider. Et c’est pourquoi Fatoumata a assisté son mari défunt dans l’achat d’instruments afin d’apprendre leurs enfants à la maison. Elle qui n’a jamais connu le seuil de l’école, manie la langue française, comme une lettrée. Aujourd’hui Yéliguinè est connue sur la scène internationale à travers la musique. Pour nombre de musiciens guinéens,  elle fait partie des femmes dans le monde, qui jouent plus de 5 instruments de musique.

   Fatoumata Kouyaté est très sollicitée. Elle  anime les spectacles hors du pays, où elle reçoit souvent des trophées. Elle a participé à la dernière édition du festival Triangle du balafon au Mali, ou elle a émerveillé plus d’un avec ses instruments (balafon, djembé, m’bolon et tamani). D’après elle, la  Guinée  était un exemple dans le domaine culturel. Elle  risque de perdre sa place d’antan si toutefois les dispositions ne sont prises pour investir davantage dans la culture. « C’est autant dire que la place de la Guinée dans le domaine culturel d’antan doit être jalousement conquise «  a-t-elle conclu.    

Kassim TRAORE

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