La CENI et les élections communales : Diamoutani s’explique sur la légalité de sa structure

Restera. Ne restera pas. C’est l’équation qui se pose aujourd’hui, s’agissant de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), chargée de la supervision des élections. Ainsi à quelques mois des élections communales de 2014, la question soulevée par l’opposition, de l’opportunité de maintenir pour les communales prochaines, la CENI qui a été mise en place à la veille des élections présidentielle (juillet-août 213) et législatives (novembre-décembre) dernières, a été largement évoquée au cours d’une conférence de presse donnée par le président de la CENI au siège de la structure.

La question au cœur de la poursuite du processus électoral, a créé des émotions lors de l’atelier organisé le jeudi 19 juin 2014 au gouvernorat de Bamako, par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, en collaboration avec le projet d’Appui au Processus Electoral du Mali (PAPEM /PNUD) et de l’Institut électorale pour la Démocratie durable en Afrique (EISA).

Cinq jours après cette sortie de l’opposition, la CENI, structure en cause, a organisé une conférence d’explication pour partager son point de vue sur la question. Son président Mamadou Diamoutani est sans ambages : « la CENI n’est pas les partis politiques, mais elle est constituée par ceux-ci et la société civile, et émane d’un décret ». Ce qui veut dire clairement que les seuls partis de l’opposition ne peuvent pas sceller son sort, en demandant sa dissolution.

Reçu par le Premier ministre, le président Diamoutani s’est vu poser la question, à savoir si la CENI qui a supervisé les communales de 2009, étaient la même que celle de la présidentielle et des législatives de 2007 ? La réponse est non. Alors pourquoi vouloir maintenir pour les communales d’Octobre 2014, la CENI qui a supervisé les présidentielles et législatives dernières? Pour Mamadou Diamoutani, l’explication est qu’entre les législatives et les communales de 2009, il s’est passé deux années. Ce  qui est différend du cas d’espèce, a-t-il indiqué.

Pour ce qui concerne la composition de la CENI, il comprend aujourd’hui, plus de partis de l’opposition qu’avant les élections présidentielle et législatives, explique le conférencier. Mamadou Diamoutani énumère l’Urd, le Pids, le Pdes et le Psd, comme partis d’opposition siégeant au sein de la CENI actuelle. « En terme de représentativité, l’opposition n’a jamais été aussi représentée », commente le président de la CENI. Les partis de la majorité y sont le RPM, l’Adema, le Mpr, la Codem, l’Udd, le Cnid, la Cds.   

Cependant, après les élections législatives de 2013, aucun texte n’a été pris pour renouveler le mandat de la CENI, qui n’aurait aujourd’hui, aucun support légal. S’il y a eu des arrangements entre la Primature et le département des Finances permettant la tenue des communales, tel ne serait pas du cas de la CENI en ce qui concerne la prorogation de son mandat, interroge un journaliste. Répondant aux questions, le président de la CENI Mamadou Diamoutani a soutenu que le décret de nomination des membres de la CENI reste toujours valable autant qu’il n’a pas été remis en cause par un texte contraire.

Mais si tant est que la CENI doit être mise en place six mois avant la date du scrutin, et qu’on évolue vers un autre report sine die de la date des communales, pourquoi ne pas mettre à profit cet ultime report pour prendre un décret de renouvellement de la CENI, de sorte à représenter équitablement majorité et opposition ? Le président de la CENI se dit plutôt favorable à cette proposition.                    

  B. Daou

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