Le ministre de l’Economie et des Finances à Washington : Le FMI compromet les marchés du Boeing 737 et des matériels militaires autres que des armes et des munitions

Notre pays n’est pas au bout du tunnel concernant l’avenir immédiat de son économie et de ses Finances publiques, malgré les assurances données par le Premier ministre Moussa Mara, devant les députés le 18 juin, pour se défendre d’une motion de censure déposée par l’opposition. Comme à son habitude, cachant la vérité aux Maliens, Moussa Mara a fait croire qu’il y a des démarches en cours et qui ne tarderont pas à aboutir à l’excellence des relations entre le Fonds monétaire international et le Mali. Ces démarches soulignées par Moussa Mara viennent d’échouer : le FMI maintient ses exigences de bonne gouvernance vis-à-vis du Mali d’IBK.
En effet, pour tenter d’arrondir les angles entre le Mali et ses amis et partenaires fâchés du fait de mal gouvernance notoire, suite à des dépenses extrabudgétaires et des marchés publics passés de gré à gré, le ministre de l’Economie et des Finances du Mali, Mme Bouaré Fily Sissoko, a dirigé une mission des autorités maliennes pour le Fonds monétaire international (FMI) à Washington DC, du 16 au 18 Juin 2014.

Les discussions entre la mission gouvernementale et le FMI ont porté sur l’achat de l’avion présidentiel, le Boeing 737 ; le contrat passé avec une entreprise privée dont le promoteur est un conseiller à la présidence de la République (mettant en évidence l’existence d’un délit d’initié),  pour la fourniture de matériels militaires, conclu par le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, et l’émission d’une garantie de l’État pour le montant correspondant auxdits contrats et les autres. Ce n’est un secret pour personne, qu’au cours des dernières semaines, des discussions achoppent entre le personnel du FMI et du ministère de l’Economie et des Finances de la République du Mali, autour de ces questions de haute portée nationale et internationale. A travers des marchés peu transparents, et mal fondés, le Président IBK a montré à la face du monde qu’il a peu d’égard pour l’intérêt général et des principes de portée économiques et financières qui le sous-tendent. Des erreurs qui permettent de dire que pour lui, seul le goût du luxe compte, au détriment des Finances de survie, constituées par des partenaires accourus au secours de l’Etat agonisant du Mali. Le FMI qui apporte une caution de crédibilité pour la confiance des autres partenaires veut également lever toute équivoque, en toute transparence. Ainsi, «le but des discussions était de s’assurer que la gestion des finances publiques au Mali est menée d’une manière compatible avec les objectifs quantitatifs et des engagements à la bonne gouvernance des finances publiques entrepris par le gouvernement du Mali dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC ) arrangement approuvé par le Conseil du FMI le 18 Décembre 2013 », selon Déclaration du 18 juin, à l’issue de la visite au FMI par le ministre malien de l’Economie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko (à lire en page 3).
L’issue de ces discussions est probante sur des indices clairs d’une mal gouvernance au Mali d’IBK. « Le personnel du FMI et du ministère ont discuté de certaines faiblesses de gestion des finances publiques et identifié des mesures concrètes pour y remédier. Les mesures comprennent une vérification des opérations mentionnées ci-dessus par le Bureau de la vérificatrice générale et la rédaction de lignes directrices précisant les conditions de mise en œuvre de certaines règles budgétaires et d’approvisionnement. Le gouvernement du Mali a entrepris de mettre en œuvre ces mesures avant la prochaine mission du FMI à Bamako qui aura lieu en Septembre ici 2014 ».

Ainsi, dans les tout-prochains jours, les marchés querellés de l’avion présidentiel et du ministère de la Défense et des Anciens combattants, feront l’objet de vérification du Bureau du Vérificateur général. Le tout (y compris la mise en œuvre de règles budgétaires et d’approvisionnement ou mesures correctives) avant le mois de septembre 2014 prévu pour la prochaine mission du FMI à Bamako. On sait que depuis le report en mai dernier de la dernière mission de revue de l’institution financière à Bamako, le Mali s’est attiré la colère des amis et partenaires, qui s’est manifesté par le gèle de dizaines de milliards de FCFA.

C’est dire que pour l’instant, c’est la rupture,  jusqu’au terme de la mission de Vérification générale et la rédaction de lignes directrices précisant les conditions de mise en œuvre de certaines règles budgétaires et d’approvisionnement, ainsi que l’effectivité de la mise en œuvre de ces mesures, avec des résultats probants, avant la prochaine mission du FMI à Bamako en Septembre 2014. Telles sont les conditions de la reprise des relations rompues avec le Mali pour un premier ultimatum de trois mois (juin-septembre).
B. Daou

Déclaration à l’issue d’une visite au FMI par le ministre du Mali de l’Economie et des Finances
Communiqué de presse n ° 14/290  du 18 Juin, 2014
Mme Bouaré Fily Sissoko, le ministre de l’Economie et des Finances de la République du Mali, a dirigé une mission des autorités maliennes pour le Fonds monétaire international (FMI) à Washington DC, du 16 Juin to 18 2014. A la fin de la mission, Mme Bouaré Fily Sissoko et M. Christian Josz FMI chef de mission pour le Mali a fait la déclaration suivante:
« Au cours des dernières semaines, le personnel du FMI et du ministère de l’Economie et des Finances de la République du Mali ont entamé des discussions sur la récente acquisition d’un aéronef, d’un contrat pour la fourniture de biens autres que des armes et des munitions conclu par le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, et l’émission d’une garantie de l’État pour le montant correspondant aux contrats ci et les autres.
« Le but des discussions était de s’assurer que la gestion des finances publiques au Mali est menée d’une manière compatible avec les objectifs quantitatifs et des engagements à la bonne gouvernance des finances publiques entrepris par le gouvernement du Mali dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC ) arrangement approuvé par le Conseil du FMI le 18 Décembre 2013 (Voir communiqué de presse no 13/524 ).
« Le personnel du FMI et du ministère ont discuté de certaines faiblesses de gestion des finances publiques et identifié des mesures concrètes pour y remédier. Les mesures comprennent une vérification des opérations mentionnées ci-dessus par le Bureau de la vérificatrice générale et la rédaction de lignes directrices précisant les conditions de mise en œuvre de certaines règles budgétaires et d’approvisionnement. Le gouvernement du Mali a entrepris de mettre en œuvre ces mesures avant la prochaine mission du FMI à Bamako qui aura lieu en Septembre ici 2014. Discussions concernant la conclusion de la première revue de l’accord FEC continuera à ce moment, en tenant compte des résultats de la mise en œuvre des mesures ci-dessus.
« La conclusion des discussions sur la première revue du programme et parvenir à un accord sur un programme de politiques économiques et financières pour 2015 devrait faciliter un examen conjoint des premier et deuxième revues de l’accord FEC par le Conseil du FMI avant la fin de cette année. »


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