Le ministre Diop devant le Conseil paix et sécurité de l’UA : « LE JEU DU BAL MASQUE DOIT CESSER »

En visite dans la capitale éthiopienne, le chef de la diplomatie a demandé le soutien de l’organisation panafricaine pour un aboutissement rapide du processus de paix

Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale Abdoulaye Diop a effectué une visite de 48 heures à Addis Abeba la semaine dernière pour prendre part à la 496è session du Conseil paix et sécurité (CPS) de l’Union africaine qui a examiné le rapport de la présidente de la Commission sur les pourparlers de paix inter-maliens d’Alger.

Le ministre Diop en a profité pour demander l’appui du CPS pour que le document soit paraphé le plus rapidement possible par la Coordination des mouvements rebelles en vue d’une signature prochaine à Bamako.

Le rapport était présenté par le Haut représentant de l’UA pour le Sahel et le Mali Pierre Buyoya qui a fait la genèse de ces négociations d’Alger,  du premier au 5ème round en passant par les différentes pauses jusqu’à l’élaboration du document final et son paraphe par le gouvernement, certains groupes armées et les partenaires. Pour lui, le document issu d’un peu plus de 8 mois de négociations est un bon compris.

Le ministre Diop a une concordance de vue avec la conclusion du rapport de la présidente de la Commission. « Le document est un compromis qui peut nous permettre d’avancer vers la voie de la paix », a-t-il estimé, avant de demander au CPS de faire sienne les conclusions du rapport de la présidente de la Commission qui exhorte les parties qui n’ont pas encore paraphé le document de le faire sans délai.

Le chef de la diplomatie a souhaité que l’appui et le soutien de l’UA en général, du CPS en particulier, amènera les groupes armés à parapher et à signer le document d’ici fin avril puisque les négociations ne pourront pas éternellement durer et que le temps est compté. « L’absence d’accord comporte des risques énormes », a prévenu le ministre Abdoulaye Diop, estimant que les ennemis de la paix sont à pied d’oeuvre pour torpiller les efforts  visant à  parvenir à une solution négociée. Il a cité en appui à ces  propos les récents attentats à Bamako et Gao. « Le jeu du bal masqué doit cesser et chacun doit être mis devant ses responsabilités. Il n’y a pas d’alternative à la paix et un retour en arrière n’est ni possible ni acceptable », a-t-il conclu.

A noter que tous les autres intervenants à la rencontre notamment l’Algérie, le Nigeria, la Guinée, les Nations Unies, l’Union européenne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont tous noté la pertinence de l’accord d’Alger et son caractère consensuel. Ils ont salué le rôle joué par l’Algérie, avant d’inviter les groupes rebelles à signer le texte. La France a, quant à elle, salué la décision des parties qui ont paraphé l’accord et réaffirmé que le document doit être signé en l’état.

Avant de quitter Addis Abeba, le ministre Diop a offert un déjeuner en l’honneur des ambassadeurs des pays membres de la CEDEAO plus le Tchad, la France, la présidente du CPS et le commissaire chargé de la paix et sécurité de l’Union africaine. Objectif de la réception : partager avec eux les perspectives du gouvernement sur le processus de paix et solliciter leur appui dans ce dossier.

 

Alassane Diombélé

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