Mauvaise communication : IBK dans le sillage de ses prédécesseurs

La problématique de la gestion de communication des autorités du Mali est au centre des préoccupations.

Opposant en son temps, l’actuel président ne manquait aucune occasion pour critiquer violemment la politique de communication des autorités à l’époque. Fraîchement élu, IBK ignore ce qu’il appelait les contrebalances de la communication de la présidence.

« L’ORTM est une boîte nationale à images. La chaîne nationale fait toutes les manœuvres pour satisfaire ATT et son fameux Programme de développement économique et social (PDES). La démocratie malienne est une farce. L’écrasante majorité de la population est ignorée dans les débats politiques et la liberté d’expression n’est pas assurée », fustigeait-il.

Six mois après son élection, il vient d’être rattrapé par l’histoire, car la classe politique et les observateurs de la scène politique lui reprochent de mettre l’ORTM aujourd’hui au service de Koulouba.

Si le président de la République devait être fier d’un acquis de la transition, c’est bien sa stratégie de communication. Et les citoyens ne le démentiront pas. Dioncounda Traoré, démocrate dans l’âme avait assuré l’impartialité, l’équité, l’exactitude et l’efficacité de la couverture médiatique des médias publics à tous les citoyens.

A l’époque, l’attitude a été appréciée par l’organisation internationale de défense des droits l’Homme Amnesty International Mali, la Copam (A et B) et le Mouvement populaire du 22-Mars, qui avaient déclaré que toutes organisations bénéficient de la même couverture à la chaîne publique (Office radiodiffusion télévision du Mali), lors des points de presse.

Les acquis de la transition liquidés

C’est dire que Dioncounda avait l’expertise pour profiter de bons services de communication. Les médias sont des moyens rapides et même « sûrs » d’information, de communication, d’éducation, de sensibilisation, d’instruction et même de divertissement des populations. Ce qui fait dire à certains qu’ils ont aujourd’hui un grand rôle dans la politique développement du pays.

Et IBK semble adopter le contraire pour l’atteinte de ses objectifs. Une seule édition suffit pour se faire une idée sur le journal TV de l’ORTM. Rares sont des intellectuels qui regardent le journal de la chaîne nationale. Ni la forme, ni le contenu ne donne l’impression aux téléspectateurs avérés de suivre une édition. Les éléments sont classés par ordre : Koulouba, partenaires techniques et financiers, Primature, les autres membres du gouvernement et les petits commentaires.

La derrière-conférence de presse du Mouvement populaire du 22-Mars en une illustration. Et il n’est pas fréquent de donner un temps d’accès direct à une marche de protestation. Les Maliens sont habitués à au moins trois éléments de reportage par édition sur les voyages du président et un magazine de synthèse. Les communications importantes engageant la vie de la nation, prises en conseil des ministres, sont souvent censurées pour diffuser les visites d’IBK.

 

Elu par plus de 77 % des voix, le président de la République devra donner un nouveau souffle à la démocratie malienne, à travers des débats contradictoires et un égal accès aux médias. Les responsabilités exigent à la presse de fournir des informations suffisamment diversifiées et équilibrées à la population.

 

Ibrahim Sogoba

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