Préservation de l’intégrité territoriale du Mali : LES RESSORTISSANTS DU NORD DONNENT DE LA VOIX

Les ressortissants du Nord (ceux des régions de Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) se sont réunis à Bamako jeudi dernier à la Pyramide du souvenir. Ils sont sortis nombreux pour dire « non » à l’Azawad et « oui » à l’accord de paix paraphé par le gouvernement et la Plateforme le 1er mars à Alger.

« Nous avons beaucoup laissé faire les aventuriers rebelles. Notre silence, face à la situation qui a prévalu après la crise et aujourd’hui après le paraphe de l’accord d’Alger, est devenu coupable car on dit : qui ne dit mot consent. Nous disons ça suffit ! Brisons le silence parce qu’aucun groupuscule n’a le droit d’engager la guerre sur un territoire sans concerter ses propriétaires !» Ces propos musclés ont été émis par l’ancien député élu à Tombouctou et initiateur de la rencontre, Elhaj Baba Haïdara dit « Sandy ». Il avait à ses côtés au présidium, Adama Samassékou  (représentant la Région de Mopti), Abdrahamane Chérif Haïdara (pour Tombouctou), Abdourhamane Touré (au compte de la Région de Gao) et Moussa Ag Ittazoumé  (pour Kidal).

Se disant exaspéré par « le mutisme » des ressortissants du Nord à Bamako, Elhaj Baba Haïdara estime que le temps est venu pour l’ensemble des ressortissants du Nord (de Mopti à Kidal) d’affirmer leur identité,  de revendiquer leur géographie et leur histoire. « Je vous invite à vous engager pour que Mopti, Tombouctou, Gao, et Kidal restent respectivement les 5ème, 6ème, 7ème et 8ème régions administratives du Mali », a incité l’orateur félicitant le gouvernement pour les efforts consentis afin d’établir une paix durable au Mali, et recouvrer l’intégrité du territoire national.

Pour Adama Samassékou, il faut mobiliser les ressources nécessaires afin d’affronter la phase de la mise en œuvre de l’accord de paix, et organiser d’autres rencontres en vue de créer une grande association qui représentera « les régions de la boucle du Niger ».

Le président de la coordination du mouvement Ganda Koy, Mahamane Alassane Maïga, est, lui, partisan d’un « grand meeting qui permettra de mettre en place des commissions de réflexion pour sortir des messages forts ». Cette proposition répond à une des préoccupations des ressortissants des quatre régions du nord : le déficit de communication sur la réalité prévalant sur le terrain. Et Mahamane Alassane Maïga de dénoncer  la complicité des médias internationaux avec le trio Moussa Ag Assarid, Moussa Ag Acharatoumane et Moussa Ag Attaher auxquels ils ouvrent complaisamment leurs antennes et leurs colonnes.

L’ancien président du Collectif des ressortissants du Nord (COREN 1991-2010), Almouzar Maïga, estime que tous les Maliens, soucieux du problème que vit le pays, doivent se mobiliser pour « mettre les points sur les i », et dire « niet » au projet insensé des indépendantistes. « Eux-mêmes ne feront rien de l’indépendance dans les conditions actuelles du nord. J’appelle le gouvernement à compter essentiellement sur ses propres ressources pour avancer et amorcer le développement. L’Etat ne peut plus  compter sur l’aide internationale », estime-t-il.

« Ce groupuscule de 300 personnes n’est pas mandaté par les communautés du Nord.  Il y a véritablement péril en notre demeure et nous allons d’ores et déjà créer un cadre proactif pour  contrer la propagande du MNLA et ses acolytes.  Il urge de créer une cellule de communication qui diffusera les informations sur le Nord en temps réel sans attendre une assemblée générale », a renchéri Elhaj Baba Haïdara.

Alhoudourou A.​ MAÏGA

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