MALI INSTITUTIONS BRETTON WOODS : DE TRES BONNES PERSPECTIVES

   En arrivant à Washington la semaine dernière, le Ministre de l’Economie et des Finances fondait beaucoup d’espoirs sur sa visite au Fonds Monétaire International et à la Banque Mondiale. Au terme de son séjour, et à l’issue des échanges qu’il a eu avec ses différents interlocuteurs, ses espoirs n’auront pas été déçus. Il a d’abord eu de nombreuses discussions avec les responsables de la Banque Mondiale, notamment son vice-président pour l’Afrique, le sénégalais Makhtar Diop.

Dans le cadre de sa nouvelle stratégie pour mieux lutter contre la pauvreté au Mali, la Banque Mondiale entend faire plus et mieux. Et c’est dans ce cadre, comme l’annoncera Paul Numba Um, le directeur des opérations pour le Mali, c’est une enveloppe additionnelle de 150 milliards de francs CFA que son institution va mettre à la disposition de notre pays pour les deux prochaines années. A travers ce geste, l’institution de Bretton Woods « entend poser les jalons pour la fondation de la transformation de l’économie malienne pour qu’elle puisse répondre aux défis auxquels le pays est confronté », précisera Paul Numba Um.

Il ajoutera que l’urgence aujourd’hui, c’est l’emploi des jeunes. « Il faut donc qu’on arrive à créer beaucoup d’emplois pour pouvoir résorber le fort taux de chômage », a-t-il conclu. Pour le vice président Afrique de la Banque Mondiale, ce geste traduit juste la bonne coopération existant entre son institution et le Mali. Makhtar Diop d’ajouter qu’il est « particulièrement heureux de constater que l’économie malienne a repris, avec un taux de croissance de 5% cette année. Nous voulons donc accompagner cet effort de croissance et appuyer les mesures fortes prises par le gouvernement ».

Makhtar Diop qui recevait le ministre Mamadou Igor Diarra lors d’une séance de travail au cours de laquelle il a également évoqué deux dossiers importants, en l’occurrence le développement agricole avec la problématique de l’irrigation et le désensablement du fleuve Niger pour accroitre les superficies cultivables, ainsi que la question de l’énergie. A ce niveau, il a souhaité que « le Mali puisse être un leader régional dans le domaine des énergies renouvelables ».

De la Banque Mondiale au FMI, le patron de l’hôtel des finances aura constaté que c’est désormais l’entente cordiale. Dans le cadre de la 3e réunion sur la facilité élargie de crédit, il a été reçu en audience par Christine Lagarde en personne. Un privilège que la D.G. du FMI accorde rarement à un ministre des finances lors de son premier voyage à Washington. D’ailleurs, elle a eu des mots on ne peut plus clair, puisqu’elle s’est engagée à appuyer personnellement le dossier Mali auprès de ses collaborateurs. Ce qui n’a pas manque de faire plaisir au Ministre Diarra.

« Le Mali revient de loin et il a besoin de l’appui de tous ses partenaires », a-t-il dit. « La volonté des pouvoirs publics d’assainir les finances ne fait l’objet d’aucun doute et les mesures nécessaires ont été prises pour maintenir le cap », a-t-il conclu. A quelques jours de la tenue des assemblées de printemps du FMI et de la Banque Mondiale, cette visite aura donc permis de poser les jalons d’une reprise d’un partenariat gagnant-gagnant au service du développement du Mali.

 

Salif SANOGO ​

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