Pourparlers d’Alger – L’Azawad politique : L’une des plus grandes escroqueries intellectuelles de l’histoire de l’Humanité.

La revendication d’un territoire de l’Azawad apparaît comme une des plus grandes escroqueries intellectuelles de l’histoire de l’Humanité doublée d’une falsification grossière.

L’un des enseignements que l’on peut tirer des événements dramatiques survenus à Kidal le 21 Mai 2014 est le fait qu’ils mettent à nu la réalité du conflit du nord du Mali.

En effet, sur les 50 soldats tombés dans la bataille de Kidal ce 21 Mai 2014 entre les soldats maliens et les groupes armés, la plus grande majorité était des touaregs loyalistes. Le plus connu d’entre eux était le Colonel Faysal bras droit du Général Gamou de l’armée malienne. C’était des touaregs, aux côtés de leurs frères d’armes noirs, qui ont défendu le Mali à Kidal.

Ce fait très important indique comme on ne cesse de le dire que le conflit au nord du Mali est loin d’être une opposition politique entre les populations blanches du nord à celles des noires du Sud. Il ne s’agit pas, comme le prétend une certaine propagande, d’une révolte “des hommes bleus du désert’’ contre l’Etat noir du sud du Mali. Un autre événement important est venu définitivement mettre fin à cette fausse présentation du conflit au Nord du Mali à savoir : la naissance d’un nouveau groupe armé Touareg d’autodéfense disant soutenir le gouvernement du Mali contre toute partition du pays. Son porte-parole a déclaré ceci : « Nous venons de créer le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) pour défendre les intérêts de notre communauté dans le nord du Mali, notamment contre le MNLA ».

Nous assistons aujourd’hui au nord du Mali à l’apparition de plusieurs mouvements armés arabes et touaregs tous loyalistes avec un dénominateur commun qui est de faire face à l’arrogance et à la brutalité du MNLA allié aux islamistes menaçant la cohésion multiséculaire de cette région.

A Alger, la Communauté internationale devrait en tenir compte si elle veut trouver une solution de paix durable au nord du Mali.

Surréaliste est tout de même cette reconnaissance rapide et facile du MNLA par la Communauté internationale et même le Mali pour un mouvement qui revendique libérer un territoire qui aurait appartenu à ses ancêtres à un moment donné de l’histoire. Les vrais mouvements de libération comme le MPLA, la SWAPO ou le FLN en riront sûrement. Les 3 régions du Mali à savoir : Gao, Tombouctou, Kidal bien délmitées sur une carte seraient le territoire de l’Azawad que le Mali aurait envahi. Sa capitale est, s’il vous plait, la ville de Gao. La ville de Douentza en ferait aussi partie. Ce pays a un drapeau et avait même déclaré son indépendance sur le plateau d’une télévision européenne. Cela pourrait être ridicule si seulement les populations n’en mourraient pas. Askia Mohamed pourrait se retourner dans sa tombe, lui qui avait bâti l’un des plus grands empires de l’histoire de l’Humanité, le brillant Songhoi. Gao était bel et bien la capitale de l’empire Songhoi et non celle d’un imaginaire Azawad.

Il suffit de faire quelques clics sur internet pour se rendre compte de l’imposture. La vérité historique a été rétablie par ceux-là même qui avaient aidé le Mnla à occuper Gao.

En effet, courant l’année 2012, les islamistes du Mujao appuyés par Aqmi ont vite chassé le Mnla de la ville de Gao d’abord, et de tout le nord du Mali ensuite.

Mais en des millions d’années de l’existence de l’homme sur la terre, on peut affirmer, sous le contrôle d’André Bourgeot, avec certitude qu’aucun Etat ou entité politique n’a existé du nom de l’Azawad.

De ce point de vue, la revendication d’un territoire de l’Azawad apparaît comme une des plus grandes escroqueries intellectuelles de l’histoire de l’Humanité doublée d’une falsification grossière. Le crime du MNLA, laïc, n’est pas seulement d’avoir fait appel aux islamistes contre le Mali, mais c’est surtout d’avoir essayé de déchirer pour des raisons mercantiles le tissu social dans la bande sahélo saharienne. En faisant des Touaregs une race à part, menacée par les ‘‘Nègres’’ du Sud, l’idiologie

du MNLA essaye de faire entrer la différenciation raciale comme un problème dans cette partie du monde riche en histoire alors qu’au fond, elle a toujours été une richesse.

On se rappelle que le Département d’Etat Américain avait dénoncé en son temps le racisme du MNLA quand ce dernier avait mis dans des camions des populations noires de Kidal pour les renvoyer vers Gao.

Dans toute l’histoire de cette région, les traces de guerre raciales sont inexistantes. La région sahélo saharienne est le lieu de rencontre entre l’Afrique blanche et l’Afrique noire ainsi que de civilisations soudano-arabo-berbères. Les empires et royaumes s’y sont succédés sans considération de race. Les empires africains ont dominé l’espace où il y avait des populations blanches qu’ils administraient. La domination arabe s’y est exprimée aussi avec le Maroc et Tombouctou ; on parlait de tout sauf de race. L’esclavage y était pratiqué par toutes les races. Oui, le Mali qui a hérité de cette situation est un peuple et une vraie nation arc-en-ciel.

Les Touaregs qui sont des nomades n’ont pas constitué d’Etat connu jusqu’à nos jours. Le MNLA voudrait-il en constituer un en ce début du 21 ème siècle ?

Mais franchement, ce qui est écœurant et vexant pour les maliens, c’est d’insinuer, comme le font certains de nos confrères journalistes internationaux, qu’un malien puisse regarder un touareg ou un arabe comme un étranger ou une autre personne. Le Mali, c’est la zone de brassage de races et de civilisations par excellence.

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies, la CEDEAO, et le Président français, François Hollande ont tous demandé au MNLA de déposer les armes sans succès. Il est temps que le MNLA mette un peu d’eau dans son thé. S’il ne le fait pas, la communauté internationale devrait l’y aider car il s’appuie toujours sur les djihadistes qu’il garde par devers lui comme bras armé faisant des communiqués triomphalistes et curieusement diffusés sur les médias internationaux avec une réelle complaisance.

Abdoulaye Simpara

Directeur de publication

Afrique Info

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