Visite d’Etat du président de la République à Alger : LA PAIX EN CHEMIN, LE DEVELOPPEMENT DOIT SUIVRE

Les présidents Ibrahim Boubacar Keita et Abdelaziz Bouteflika ont discuté de plusieurs questions d’intérêt commun, dont celles liées aux questions de paix, de sécurité et de coopération dans la zone sahélo-saharienne 

Arrivé dans la capitale algérienne dimanche après-midi en compagnie de son épouse, Mme Keita Aminata Maiga, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, s’est entretenu hier avec son homologue Abdelaziz Bouteflika à sa résidence officielle. Les deux dirigeants ont ainsi pu se concerter sur plusieurs questions d’intérêt commun, dont celles liées aux questions de paix, de sécurité et de coopération dans la zone sahélo-saharienne. En particulier, l’aboutissement de la médiation conduite par l’Algérie pour la restauration de la paix dans notre Septentrion.
Le président Keita venait justement à Alger pour remercier son « frère », le président Bouteflika de son engagement personnel qui a contribué à l’aboutissement heureux des pourparlers inter maliens avec d’appui de la communauté internationale.
La crise qui plombe le développement de notre pays et met à mal le tissu social est un mauvais sort en passe d’être conjuré. Les pourparlers engagés en terre algérienne ont certes été longs, mais ont néanmoins permis d’aboutir au paraphe le 1er mars dernier d’un pré-accord qui attend impatiemment d’être signé chez nous.
Après plus d’une heure d’horloge d’une « fabuleuse rencontre » avec le président algérien, Ibrahim Boubacar Keita s’est dit « ému » d’être en contact avec « un homme d’Etat hors pair ». Le chef de l’Etat a confié avoir « eu le bonheur d’évoquer avec lui le compagnonnage qui fut le sien avec les nôtres, le président Modibo Keita et son équipe ». Toujours parlant du président Bouteflika, le président Keita a assuré que le chef de l’Etat algérien n’a jamais « cessé d’avoir le Mali à cœur ». Au regard du résultat obtenu, le chef de l’Etat s’est dit aujourd’hui conforté dans son choix de solliciter l’Algérie pour recevoir et diriger les négociations inter maliennes. Ibrahim Boubacar Keita a indiqué que le président Bouteflika a accepté sa demande « par devoir de solidarité agissante » et dans le souci que « les Maliens se reparlent ».
MODELE DE RECONCILIATION. Le président de la République a évoqué les relations politiques et géographiques qui lient les deux voisins pour dire « tout le sacrifice et l’humilité » avec lesquels l’Algérie a conduit ces pourparlers. Au nom d’une nation reconnaissante, Ibrahim Boubacar Keita a réitéré ses remerciements à l’endroit de son « aîné ». L’accord, dira-t-il, est un cadre à l’intérieur duquel « l’essentiel a été préservé ». « Ce dosage rend ce document singulier. C’est un modèle de réconciliation », a jugé le chef de l’Etat qui a promis de tout faire « pour tenir les engagements ».
Ibrahim Boubacar Keita reste optimiste et espère que « nos frères qui n’ont pas compris l’urgence de parapher l’accord » reviennent très rapidement à de meilleurs sentiments. « Parce que cet accord est équilibré » de son point de vue. Quand la paix reviendra, il faudra penser au développement, a souligné le chef de l’Etat qui a rappelé que « les besoins de notre pays sont énormes » et que là aussi, nous aurons « besoin de l’Algérie ».

IBK-SellalAvant ce rendez-vous très attendu et inscrit en majuscules dans son agenda, Ibrahim Boubacar Keita recevait en audience, à Zéralda, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, venu avec une forte équipe technique pour baliser le terrain de la coopération dans divers domaines.
Au demeurant, la visite d’Etat du président Keita qui s’achève aujourd’hui s’inscrit également dans le cadre du développement continu des relations bilatérales entre les deux voisins et aussi dans la perspective d’une coopération industrielle, notamment dans le domaine de l’automobile.
C’est pourquoi, le chef de l’Etat visite aujourd’hui le complexe de la Société nationale des véhicules industriels (Snvi) à Rouilla, en compagnie du ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra. L’intérêt de cette visite est que notre pays aspire à l’acquisition d’une industrie similaire sur son sol pour y propulser l’industrie de l’automobile.
Cette entreprise nationale de véhicules industriels a pour vocation la conception, la fabrication, la commercialisation et le soutien après-vente d’une importante gamme de produits. La SNVI construit des camions et des camions-tracteurs, des autocars, des autobus et des équipements de carrosserie industrielle. Son capital social est détenu en totalité par l’Etat algérien.
Trois qualités distinguent ce fleuron de l’industrie algérienne et expliquent son succès et sa force : son organisation, sa maîtrise de la technologie qui permet à « l’entreprise de faire de la conception, de la fabrication, du montage de véhicules industriels et de pièces de liaison mécanique ». Enfin sa ressource humaine.
Envoyé spécial
A. M. CISSE

AVEC NOS COMPATRIOTES D’ALGERIEIBK-Maliens-dAlger-300x200
En marge de sa première visite d’Etat à Alger, le président Ibrahim Boubacar Keita a rencontré les représentants de la communauté malienne en Algérie à sa résidence de Zéralda. Nos compatriotes comptent plus de 6000 personnes dispersées dans tout le pays, dont 500 migrants installés à Alger, et 1500 étudiants parmi lesquels 600 boursiers. Certains travaillent aussi dans la maçonnerie ou le petit commerce.
Ils se sont engagés à se battre aux côtés de la patrie mère pour un dénouement heureux de la crise sécuritaire. Nos compatriotes, représentés par Moulaye Zeydane Koné, ont évoqué des difficultés liées à l’obtention de documents légaux pour travailler et vivre dignement en Algérie. Les étudiants, eux, ont déploré la perception tardive des bourses d’études.
A ses invités, Ibrahim Boubacar Keita a promis, dans la mesure du possible, des réponses appropriées à toutes leurs préoccupations. Ibrahim Boubacar Keita a expliqué que son but ultime est de « signifier le Mali dans le concert des Nations ». Il a donné l’exemple de la Namibie qui, malgré le génocide des Hereros, a fini par obtenir son indépendance et devenir aujourd’hui une nation en plein développement. « Mon propos, c’est le Mali », a martelé le président Keita qui a promis de « tout faire pour l’intérêt du Mali». Il indiquera à ses interlocuteurs que le but de sa visite est de remercier les plus hautes autorités algériennes pour leur aide. « Nous avons choisi délibérément l’Algérie pour aider un pays frère », a expliqué Ibrahim Boubacar Keita qui a jugé que le pré accord respecte les lignes rouges jadis tracées.
A. M. C
Mme KEITA AMINATA MAIGA VISITE LE MUSEE DES BEAUX ARTS
L’épouse du président de la République, accompagnée du ministre algérien de la Solidarité nationale, de la famille et de la Condition de la femme, Mme Mounia Meslem Si Amer, a visité l’un des plus célèbres musées d’Alger.
La Première dame s’est montrée admirative des 8000 œuvres de ce musée qui est considéré comme le plus grand du Maghreb et d’Afrique. Le Musée des beaux-arts d’Alger, inauguré le 5 mai 1930, ne sera ouvert au public qu’en avril 1931. Le Musée national des beaux-arts d’Alger renferme, en plus des œuvres peintes, des dessins, gravures et des estampes anciennes,  un bel ensemble de sculptures, des mobiliers anciens et d’art décoratif, des céramiques, de la verrerie, ainsi qu’une collection de numismatique.
Selon les responsables du musée, la constitution de cet ensemble est le résultat d’achats conséquents qui furent réalisés dans la première moitié du XXè siècle auprès des plus grandes galeries d’art internationales, des artistes et des collectionneurs. Le musée occupe une superficie construite de plus de 4000 m2.
Auparavant, la Première dame a visité le musée de Tipaza et son magnifique parc archéologique avant de se rendre au bastion 23, au Palais des Raïs qui fait partie des plus importants monuments historiques de la ville d’Alger.
A. M. C
L’ESSOR

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