Manfila Kanté L’une des figures marquantes de la musique Guinéenne : « Je ne chante pas les louanges des gens, je chante les réalités de la société »

C’est dans son salon bien meublé, au quartier Lambangn, que Manfila Kanté nous a accueillis. Très à l’aise, l’homme qui n’a besoin que de la considération, nous a parlé de son parcours d’artiste, qui a commencé dans les années 1960 à Kankan. C’est après qu’il entama une carrière solo, pour devenir, par la suite compositeur, arrangeur et producteur. Il a travaillé avec certaines grandes voix mandingues telles : Salif Keïta, Sékouba Kandia Kouyaté et Djégnalé Kouyaté (son épouse). Suivez le parcours de cet homme simple, mais bourré de talents.

 

 

ll est certainement l’une  des figures marquantes de la musique Guinéenne, aujourd’hui présentes dans la cour des grands.  Ce guitariste, chanteur et compositeur est né en 1946 à Kankan.  D’un père cultivateur et d’une mère ménagère.

  Manfila Kanté, dit Manfila de Paris pour les intimes,  a commencé une carrière artistique dès son bas âge. Le jeune Manfila rêvait d’être un grand artiste, et son cousin Sandaly Kanté lui apporta son aide en 1960. Sandaly était  à  l’époque  membre de  l’orchestre  Horoya  Band. Après la nationalisation de cet orchestre, qui a quitté Kankan  pour la capitale Conakry, Sandaly préféra  rester à  Kankan auprès de ses parents. Il créa l’orchestre de 22 Band de sa ville natale. Dès  lors, Manfila commence à jouer  à la guitare avec l’aide de son cousin. En 1967, il quitta Kankan pour Abidjan,  où il  confirmera  sa conviction de musicien.

 En 1970, il partit pour le Mali et intègra l’orchestre du Motel de Bamako « Les  Ambassadeurs ». L’orchestre était en crise de guitaristes et de chanteurs. Après un essai concluant, Manfila fut embauché. Il fera 9 ans de service au sein de cet orchestre faisant la connaissance de Salif  Keita, qui évoluait dans l’orchestre du Rail Band. Manfila avait pour mission de faire connaître sa musique dans le monde entier, en véhiculant des messages de fraternité et de sensibilisation.

 « Je suis griot, je ne me considère pas griot, car je ne chante pas les louanges des gens, plutôt je chante  les réalités de la société. Je continuerai de chanter, tant que je vis, je ne suis pas prêt à m’arrêter maintenant », a-t-il confié.

En 1978, il voyage avec son groupe  pour paris, une tournée qui  dura deux mois et 28 jours. Voulant pousser ses ambitions, Manfila  quitta finalement  le Mali  pour paris, pour essayer une nouvelle aventure dans la musique. Un an après, il fait ses disques  »Musical Manding  » et  »Maimouna Diaby », la même année.  »Maimouna Diaby » fut son premier  disque le plus vendu à Tokyo.

En 1990, il a sorti, un second album  »Dounia ». L’un de ses titres  »N’téssé » qui  lui permettra d’occuper  la première  place durant  six mois  sur Africa Numéro 1. En fin d’année  90,  il fait son album   »Kankan bleues 1 » produit en Guinée et arrangé par un Allemand  Koumtère Graisse.

L’un des titres de cet album, joué en guitare, lui permit d’obtenir une somme de 28 mille livres, titre que la maison  Windai choisit comme morceau de publicité aux Etats-Unis  et en Asie. Manfila   a vendu plus d’une dizaine de disques et continue de produire des artistes.

En  2005, il a reçu la médaille du chevalier de l’ordre national du Mali,  décoration qui lui a été décernée par le président  Amadou Toumani Touré  en guise  de reconnaissance  pour ce qu’il a fait pour le Mali dans les années 70. C’est au cours de la cérémonie de retour de Salif Keïta  au Mali, en 2005, que Manfila  eut sa décoration.

Actuellement,  Manfila est en  studio, pour un autre album  qui sera intitulé  »Agnouma -Thaa », qui veut dire prendre la meilleure (femme).  Il sortira dans trois semaines.  Manfila Kanté avec ses 64 ans, 7 enfants, deux femmes,  continue  de s’illustrer dans les grands  podiums musicaux du pays et d’ailleurs.

   Kassim TRAORE

Depuis Conakry

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