Gérard Araud, chef de la délégation onusienne : « Il faut désarmer les groupes armés, le Mali ne peut pas exister avec des groupes armés, cela est une évidence »

A la fin de la visite de 48 heures de la délégation de l’Organisation des Nations Unies (Onu) au Mali, le chef de cette délégation, M. Gérard Araud, a animé une conférence de presse, le lundi 03 février 2014, tard dans la soirée à l’Hôtel de l’Amitié. Dans ses propos, il a déclaré que “Nous repartons de Bamako impressionnés par la dignité du peuple malien, par la vitalité des institutions de la République. Le Mali a des institutions légitimes, constitutionnelles et légales. C’est à ces institutions de diriger le processus de réconciliation. Nous sommes rassurés que de part et d’autre du côté des autorités et du côté des groupes armés, il existe une volonté de parvenir à une vraie réconciliation qui permet la réunification du Mali”.

A la fin de la visite de 48 heures de la délégation de l’organisation des Nations Unies (Onu) au Mali, le chef de cette délégation, M. Gérard Araud, a animé une conférence de presse, le lundi 03 février 2014, tard dans la soirée à l’Hôtel de l’Amitié. Il était épaulé par le représentant spécial de la Minusma, M. Bert Koenders, et le Tchadien, M. Banté Mangaral.

La délégation Onusienne a mis à profit cette visite de 48 heures au Mali pour rencontrer : le président de la République, chef  suprême des armées; le Premier ministre, chef du gouvernement; le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux; le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale; le Ministre de la Défense; l’Assemblée Nationale; la société civile; les groupes armés entre autres.

A l’entame de ses propos, le tchadien M. Banté Mangaral, l’autre chef de la délégation, a souligné le constat de la volonté manifeste chez tous les acteurs maliens de trouver une solution durable à la crise récurrente au Mali.

Selon M. Mangaral, il est impératif de lancer les discussions dans les plus brefs délais et avec un calendrier précis. Aussi a-t-il encouragé le gouvernement à pousuivre le déploiement de l’administration au nord du pays, afin de rétablir les services sociaux de base.

Le représentant spécial de la Minusma, M. Bert Koenders, a lui précisé que déjà 90% des troupes de la Minusma sont présentes au Mali. Aux dires du chef de la délégation Onusienne, M. Gérard Araud, la première leçon à tirer est que dans toutes les rencontres, il y a eu la volonté d’aller de l’avant, de négocier pour  résoudre la question du nord. Il a en plus ajouté que le deuxième élément est l’urgence d’engager le dialogue le plus rapidement possible.

M. Gérard Araud a souligné que le président de la République, ainsi que le Premier ministre ont réaffirmé leur volonté d’aller rapidement de l’avant. Il a déclaré que les autorités ont promis l’élaboration d’un document qui retrace  les grandes lignes du plan pour le lancement d’un processus politique de négociation.

“Nous repartons de Bamako impressionnés par la dignité du peuple malien, par la vitalité des institutions de la République. Le Mali a des institutions légitimes, constitutionnelles et légales. C’est à ces institutions de diriger le processus de réconciliation. Nous sommes rassurés que de part et d’autre du côté des autorités et du côté des groupes armés, il existe une volonté de parvenir à une vraie réconciliation qui permet la réunification du Mali”, ajouté le chef de la délégation onusienne.

M. Gérard Araud a indiqué que le projet de l’Union Européenne (Ue) est de passer de quatre à huit bataillons, afin de reconstruire l’armée malienne. Il affirme que l’objectif des institutions internationales, c’est-à-dire les Nations Unies ou l’Union Européenne, est de rendre entièrement le Mali aux maliens et de faire en sorte que le Mali n’ait plus besoin des Nations Unies ou de l’Union Européenne.

 

 

Selon le chef de la délégation onusienne, cela passe par le fait d’avoir une armée efficace. “Nous ne sommes pas venus au Mali pour imposer quelque chose. Mais plutôt pour demander aux autorités maliennes ce qu’elles ont besoin. Et, nous allons voir comment les soutenir. Au début de la négociation, il est tout à faire normal que les deux parties maximalisent les conditions. Le plus important est que dans les deux camps, il y a la volonté de négocier. Nous pensons au niveau du Conseil de Sécurité que ces négociations doivent être sans pré-conditions. Mais aussi qu’elles doivent se faire sur la base de ce qui a été déjà négocié, c’est-à-dire l’accord préliminaire de Ouagadougou, qui a des éléments sur le cantonnement et le début de la négociation. L’objectif de désarmement des groupes armés est là. Il ne peut pas avoir un Mali avec des groupes armés. C’est tout à fait évident. Il y a la logique du cantonnement dans l’accord préliminaire de Ouagadougou. Mais, en ce qui concerne le désarmement, il faut désarmer les groupes armés, le Mali ne peut pas exister avec des groupes armés, cela est une évidence”, a précisé M. Araud.

Toujours selon M. Araud, tout ce qui est  tenté à Alger et à Ouagadougou constitue des efforts préliminaires, mais l’aboutissement de la négociation doit se faire à Bamako. “Je crois que ça c’est quelque chose dont tout le monde est conscient. Le  sort du Mali se règlera à Bamako. La négociation de l’accord final se fera à Bamako”, a ajouté, M. Gérard.

Tougouna A TRAORÉ

Top