Inculpation de Michel Tomi pour « corruption d’agent public étranger… » : l’affaire Tomi fait des vagues dans l’entourage du Président IBK

Le parrain corse Michel Tomi est inculpé pour plusieurs chefs d’inculpation dont « corruption d’agent public étranger ». Il devra payer une caution de 2 millions d’euro et rester sur le territoire français (interdiction de sortie du territoire). Cet homme d’affaires corse ayant fait fortune en Afrique a désormais interdiction de quitter le territoire français.

« Après trois jours de garde à vue, Michel Tomi a été présenté à un juge d’instruction ce vendredi soir pour une série d’infractions présumées: « corruption d’agent public étranger », « complicité de faux et d’usage de faux », « abus de confiance », « complicité et recel d’abus de biens sociaux », « faux et usage de faux », « travail dissimulé » et « obtention indue d’un document administratif », a écrit lexpress.fr du 20 juin.

Six autres personnes dont deux chefs d’entreprises français sont aussi inculpés. L’un des deux chefs d’entreprise est Frédéric Gallois, un ancien patron du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN), qui dirige une société privée de sécurité. Frédéric Gallois est un personnage emblématique, ancien du GIGN dont il fut le commandant de 2002 à 2007. Il est désormais responsable d’une entreprise de sécurité privée, Gallice, dont il est directeur général délégué. Le site Mondafrique avait écrit, en mars, que cette société avait fourni des gardes pour la sécurité du président IBK. Dans une interview accordée à lexpress.com, Frédéric Gallois se défend de toute infraction : « En 2013, nous avons signé avec la République du Mali un contrat portant sur la protection du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta. Michel Tomi ayant un rôle de conseiller auprès du président, il a sans doute permis de valider les prestataires. On ne peut pas travailler sur des domaines aussi sensibles sans disposer de relais de confiance auprès des responsables politiques locaux. Le contrat est transparent: notre présence au Mali était d’ailleurs suivie par les autorités françaises ».

Le second chef d’entreprise inculpé s’occupe de fourniture de matériel militaire, notamment de confection d’uniformes. Il aurait gagné des contrats de fournitures à l’armée en Afrique, au Mali notamment. Dans Jeune Afrique n°2783 du 11 au 17 mai 2014, le Président disait que GUO Star SARL, la société de Sidi Kagnassy avait des partenaires qui ont pignon sur rue en France/Europe. C’est ce marché douteux d’une centaine de milliards de FCFA, dénoncé par une partie de la presse et par le PARENA (dans son mémorandum : IBK, sept mois après/ Le Mali dans l’impasse), qui fait l’objet de critiques du FMI.

Enfin, deux Maliens, proches du Président,  seraient  parmi les personnes mises en examen. Nos enquêtes ne nous permettent pas de dévoiler qui sont-ils. Mais le moins que l’on puisse dire, est que cette affaire pourrait aller très loin. C’est dire que les protagonistes du contrat de GUO Star SARL et de l’achat du Boeing 737 pourraient avoir du souci à se faire.
La rédaction

Encadré
Montant des saisies: « 1 048 000 euros »
Au total, 14 interpellations avaient été réalisées mercredi matin dans l’entourage de Michel Tomi, un homme d’affaires ayant fait fortune dans les jeux au Gabon, au Cameroun et au Mali au cours des années 1990. Lui-même, initialement convoqué ce jour-là à 10 heures au siège de la direction centrale de la police judiciaire à Nanterre, avait en fait été interpellé au petit matin dans un appartement parisien. Selon une source judiciaire, « le total des sommes en espèces saisies à l’occasion des perquisitions atteint un montant total de 1 048 000 euros. »

Au cours des interrogatoires qui se sont déroulés dans une salle de garde à vue médicalisée, les enquêteurs ont interrogé l’entrepreneur sur ses relations avec Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », le chef de l’Etat malien mais aussi sur ses liens avec des hommes politiques tchadiens, soupçonnant des faits de corruption. Ils ont décortiqué le train de vie qualifié de « pharaonique » assuré par Michel Tomi à plusieurs de ses amies, évoquant notamment le montage financier « douteux » d’une SCI, ayant servi à construire une maison en bord de mer, à Sausset-les-Pins.

« Pas un centime de chiffre d’affaires en France »
L’enquête vise aussi les conditions dans lesquelles au moins deux jeunes femmes, l’une d’origine algérienne, l’autre d’origine marocaine, ont obtenu la nationalité française. « L’une d’elles par le biais de faux papiers, l’autre grâce à une intervention », selon une source proche du dossier.

Le juge d’instruction a fixé à deux millions d’euros la caution de Michel Tomi. Une décision assortie de l’interdiction de quitter le territoire français. « Michel Tomi est Franco-gabonais : il ne réalise pas un centime de chiffre d’affaires en France », a réagi auprès de l’AFP son avocat Me Jean-Dominique Lovichi. « Les sociétés de mon client sont de droit étranger », a-t-il ajouté, contestant tout abus de bien social. Dans un entretien accordé à L’Express, Michel Tomi estimait entretenir des liens purement amicaux avec le président malien. Il contestait, par ailleurs, être le « parrain des parrains » corses décrit par certains enquêteurs.

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