Lutte au sommet de l’Etat : Le réseau Téréta contre le clan IBK

«Toutes les œuvres du monde ont donné naissance à des merveilles, sauf la politique qui donna naissance à des monstres qui se dévorent.» Cette pensée du philosophe sied bien à la manière dont le chef des tisserands pratique la politique. Ibrahim Boubacar Keïta dont l’élection avait fait renaître l’espoir chez le Malien est de plus en plus un homme isolé du fait de la lutte des clans que se livraient ses partisans pour prendre le dessus sur lui.

Pris en sandwich par le puissant réseau dirigé par le Dr Bocary Téréta, ministre du Développement rural et secrétaire général du Rassemblement Pour le Mali RPM), le clan IBK est écarté. Son clan (IBK) est constitué par un groupe restreint de parents, d’amis et de sa belle-famille. Ce groupe appelé «clan d’IBK» ne semble pas encore maîtrisé le terrain politique malien face à des redoutables crocodiles qui happent tout ce qui tombe dans le marigot politique aux eaux boueuses.

Pour les observateurs, le réseautage ou le clan dans les partis politiques est une histoire plus vieille que la création des partis. «Chaque fois qu’il y a scission au sein d’une formation politique, c’est le maillon faible qui s’en va», déclare un militant de partis.

A l’assemblée constitutive du Rassemblement Pour le Mali (RPM) au stade Modibo Keïta, une éminente personnalité, membre fondateur du parti, aurait pris ses distances avec ce parti. Raison ? La présence de Téréta. Et depuis ce jour, cette personnalité démissionnait du RPM,  arguant que  c’est le parti crée par le docteur agronome formé en ex-URSS pour arriver à ses fins. Nous sommes en 2014, treize (13) ans après la création du RPM, les faits ont donné raison  à cette personnalité, un observateur averti de la scène politique malienne.

Le puissant réseau crée et dirigé par le bouillant et intelligent- ministre du Développement rural, Bocary Téréta, est au four et au moulin pour placer ses pions  dans les sphères de l’administration publique, des projets et programmes et dans les institutions de la République. C’est ainsi qu’il aurait signé un deal avec le clan du président de la République.

Le réseau Téréta aurait accepté la candidature au perchoir de l’actuel président de l’Assemblée nationale du Mali, membre du clan IBK contre des postes clés qui seront accordés aux députés membres de son réseau dans le bureau de l’Assemblée nationale. Cela sera matérialisé, dans les jours à venir,  par l’élection d’un des membres de son réseau à la questure de l’Assemblée nationale. Et à la lecture des communiqués du conseil des ministres, le réseau du Dr Téréta se renforce.

La nomination des directeurs de l’Office du Niger et de la CMDT sont la preuve que le ministre du Développement rural est décidé à placer ses pions pour se rendre un homme incontournable au sein du système du parti au pouvoir, afin dans le but de prendre le président en otage.

En plus des nominations dans son département, il influence ses autres collègues. Et chaque fois qu’un ministre nomme quelqu’un qui n’est pas de son réseau, il se fait signaler par des remontrances. Il détiendrait une liste de cadres de son réseau à caser dans les sphères de l’administration.

A Bagadadji, l’institution accueille pour cette législature quarante (40) opérateurs économiques. Il faut un pouvoir législatif fort pour sévir. Sinon, le Parlement se transformera en un business center. Déjà les indices de ce business sont perceptibles. Ajouté à cela, l’affairisme du réseau Téréta. Il entretiendrait des rapports étroits avec certains opérateurs économiques, élus députés. Si on y pas garde, un centre commercial s’installera à Bagadadji au lieu d’une véritable institution de la République.

Et tenez-vous bien ! La deuxième par son importance. IBK et son clan isolés n’augurent rien de bon pour le peuple malien qui l’a plébiscité. C’est le candidat Ibrahim Boubacar Keita qui a gagné les élections et non le parti Rassemblement Pour le Mali (RPM). La preuve, ce parti né en 2001 n’a pas de fief dans tout le Mali, cela veut dire que les Tisserands n’ont pas tissé d’étoffe. Rappelons que les fondateurs de l’UDM et de la CODEM ont rendu le tablier suite aux différends qui les opposaient à Téréta.

Si IBK ne songe pas à remédier à cet accaparement du pouvoir par le réseau Téréta, il va vers sa perte.

Safounè KOUMBA

L’Inter de Bamako

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