Transhumance politique des députés : Après le FARE, le parti SADI trahi

Comme qui vole un œuf volera un bœuf, qui trahit une fois trahira toujours. Les députés du parti FARE qui l’ont déjà trahi, viennent encore une fois de trahir. Et, cette fois de la façon la plus éhontée. En plein combat et toute honte bue, ils viennent en plein jour et sans motif valable de trahir leurs alliés du parti SADI. Qui trahi une fois, trahira toujours. Le RPM qui vient de les recevoir est averti.

Ils sont au nombre de 5. Ils sont députés élus pratiquement sur des listes en alliance avec le RPM. Ils étaient du parti FARE, avant d’être élus.  Ils l’ont abandonné, dit-on, sur instructions de certains barons du RPM. Ils avaient une peur bleue de l’opposition, comme leur mentor Zoumana Mory Coulibaly. Celui-là même qui a abandonné son parti l’ADEMA, pour venir se forger une nouvelle virginité dans une aventure avec Modibo Sidibé, qu’il a abandonné dès qu’il a vu le pouvoir prendre la route de Sébénikoro.

Sur conseils du RPM, les 5 députés FARE s’étaient battus pour une alliance avec le parti SADI, sur la base d’une démarche politique. Engagés pour le changement et prêts à travailler avec toutes les forces de changement, ils avaient ensemble mis sur pied le groupe parlementaire SADI-FARE à l’Assemblée nationale, qui bien que faisant partie de la majorité présidentielle, était parvenu à se faire une identité, bien qu’à la rentrée parlementaire, il était paru incongru à plus d’un de voir le SADI aller en alliance avec des députés du FARE qui avaient énormément bénéficié de l’onction du RPM pour être élus.

Mais, comme en politique tout est possible, surtout lorsque le parti SADI, connu comme opposant devant l’éternel, a décidé d’accompagner le Président IBK, en cette période ou notre pays a besoin d’un minimum de consensus, mais pas d’unanimisme comme le croient certains. Il n’y a aucun mal que le parti de Cheick Oumar Sissoko, ce soit associé à des députés FARE pour peser plus lourd à l’Assemblée nationale, en vue d’apporter leur pierre à la construction du changement souhaité par le peuple malien.

Mais, lorsque le FARE a clairement affiché son appartenance dans l’opposition, l’appellation « groupe FARE-SADI » devenait gênant pour certains. A commencer par Modibo Sidibé, Président des FARE  et  Dr Oumar Mariko, secrétaire général du parti SADI.

Au moment où Modibo Sidibé et ses camarades du FARE ne rataient aucune tribune pour dénoncer ce qu’ils considéraient comme une incongruité, des pourparlers étaient engagés pour changer le nom du groupe. Les dix députés du groupe travaillaient à cela. Et, Dr Oumar Mariko s’était senti obligé lors d’une interpellation de Bakary Woyo Doumbia, seul député resté fidèle à Modibo Sidibé, de lever le voile sur le processus enclenché pour le changement du nom du groupe.

Majorité absolue pour le RPM

Ces pourparlers viennent de prendre un coup. Sans motifs valables et sans divergences de fonds clairement exprimés, les députés de FARE viennent de rejoindre le RPM avec armes et bagages. Mais dans quel intérêt ? Si en politique, l’on a tendance à dire qu’il n’y a pas d’action sans intérêt, dans ce cas d’espèce l’on pourrait passer une année à s’interroger, sans percevoir la véritable motivation des députés FARE, si ce n’est la mise en marche d’un plan machiavélique qui vise à réduire la portion congrue, le temps de parole des députés SADI à l’Assemblée nationale.

L’on pourrait aussi penser comme nos confrères de RFI que : « La  transhumance offre la majorité absolue au RPM ». RFI est convaincue que « Par ce jeu de chaises musicales à l’Assemblée, le Rassemblement pour le Mali (RPM), parti présidentiel, a désormais la majorité absolue des sièges au sein de l’hémicycle ». En effet, avec l’arrivée dans ses rangs de 5 nouveaux députés, le RPM réalise une bonne affaire. Désormais, il a 75 élus sur les 147 que compte l’Assemblée nationale, soit la majorité absolue des sièges.

En assistant impuissamment à l’éclatement de son groupe parlementaire qu’il constituait avec des députés peu fiables du FARE, le SADI vient de comprendre qu’il était en alliance avec des députés téléguidés comme des robots par certains  barons zélés du RPM et par Zoumana Mory, le douanier homme politique qui ne se bat que pour une couverture en cotonnade dure lui permettant d’être à l’abri d’éventuels poursuites judiciaires.

Aujourd’hui, l’on peut même se demander si les députés du FARE n’étaient pas en mission auprès du parti SADI. Si non comment comprendre que des députés se soient battus comme des beaux diables pour la mise en place de ce groupe parlementaire, veuillent le quitter de la sorte ! Surtout que le SADI leur a pratiquement tout concédé : Vice-présidence du Groupe, postes à l’UEMOA, poste au Parlement de l’Union Africaine…  De deux choses, l’une. Soit, ils se sont rendus compte qu’ils ne parviendraient jamais à atteindre le but de leur mission auprès du parti SADI, soit ils ont subi des menaces de la part de certains barons du RPM. Surtout quand on sait qu’ils ont tous pratiquement été élus grâce à leur alliance tout aussi incongrue avec le RPM pendant les législatives.

Mais, aujourd’hui, en trahissant le parti SADI de la sorte, tout porte à croire que les 5 députés du parti FARE, qui avaient volontairement décidé d’écrire l’histoire de leur jeune carrière politique dans un cahier de brouillon, viennent de déchirer le cahier et décider de se donner une carrière éphémère d’hommes politiques au Mali. Après le FARE et après l’alliance parlementaire FARE-SADI, qu’elle est la structure du RPM qui pourra leur faire confiance ? Surtout que leur départ au RPM selon toute vraisemblance n’est pas une initiative de la direction politique du parti des Tisserands.

Mais une action initiée par quelques dirigeants zélés qui pensent que l’addition arithmétique d’un certain nombre d’élus, derrière leur personne insignifiante, pourrait leur permettre de compter dans les jours à venir dans les hautes sphères de décision du Parti d’IBK. Tous les maliens retiendront que qui trahi une fois trahira toujours.

Assane Koné

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