Interview La malienne Lala Diakité, épouse de la star mondiale du football, Didier Drogba : «Je vis avec Drogba depuis neuf ans , mais nous n’avons encore célébré le mariage civil»

Lalla Diakité est l’épouse de la star mondiale du foot, Didier Drogba. On vient d’apprendre qu’elle est aussi l’une des nièces du président Amadou Toumani Touré du Mali. Mais malgré tout cela, la charmante jeune dame veut rester humble et modeste. Pour elle, richesse et célébrité ne riment pas avec caprices de star et prises de tête. La preuve.

Didier, votre époux, a regagné ses bases et c’est maintenant que vous arrivez à Abidjan ?

– Oui, parce que Didier a perdu sa grand-mère, c’est surtout pour ça qu’il était venu. Je crois qu’il avait aussi un truc à faire ici avec une maison de téléphonie mobile. Pendant qu’il était à Abidjan, moi, j’étais à Paris. Là, c’est la reprise, il est reparti et moi je suis là avec les enfants.
 

Vous êtes là (Abidjan) pour combien de temps?

– Je suis là pour quelques jours, après je vais au Mali. On ira pour le baptême musulman de mes enfants. En fait, c’est surtout la fête que les enfants vont faire parce que de toutes les façons, quand ils seront grands, ils choisiront.

 Il y a deux ans, lors de votre toute première interview (accordée à Top Visages, ndlr), vous nous parliez de la construction de votre maison à Abidjan. Est elle est achevée ?

–             Non pas encore. C’est un gros chantier alors, ça prend du temps. Cette maison, c’est notre rêve, on prend le temps de bien faire les choses. Pour ne pas avoir à les refaire.

–    L’idée de venir vous installer ici à la fin de la carrière de Didier tient-elle toujours ?

– Après le foot, il ne sera pas à la retraite de toutes les autres activités. Il faut qu’il travaille, qu’il gère ses affaires et tout. C’est moi, qui serai là le plus souvent.

 En ce moment, la planète football est suspendue à l’annonce du transfert ou du maintien de Didier Drogba à Chelsea. Comment vivez- vous cela ?

– C’est difficile à vivre, c’est même assez stressant. Parce que si jamais il doit changer de club, il y a le déménagement à préparer, il faudra chercher de nouvelles écoles pour les enfants. Il faudra aussi chercher à savoir si les enfants vont se plaire dans leur nouvelle école etc. Mais pour l’heure, moi, je me mets en tête qu’on est encore à Londres. On a jusqu’à la fin du mois d’Août pour savoir si on quitte Londres ou pas. Vu que la rentrée scolaire, c’est en Septembre (elle rit).

Vous avez une préférence parmi les nombreux clubs qui le sollicitent ?

– Moi, je n’ai pas de préférence. Je vais là où lui se sent bien (elle rit encore).

–             Même si on arrivait à changer de pays, je laisserai les enfants dans le système éducatif anglais. Ils y sont habitués, ils parlent la langue et tout.

–        En 2006, vous parliez de votre mariage civil qui devrait se faire…

–              On n’a pas le temps (elle rit). On n’a vraiment pas le temps. Chez nous, les musulmans, le plus important, c’est le mariage religieux. Et puis, de toutes les façons, Didier considère qu’on est mari et femme.

–               Sauf qu’aux yeux de la loi, le mariage religieux n’a pas de valeur

– Je sais bien. Ça fait quand même neuf ans qu’ont est ensemble. C’est vrai qu’il me reste le papier, mais ça viendra.

–              Ce n’est pas qu’on n’est pas pressés de nous marier, mais chaque fois qu’on programme notre mariage, il y a toujours eu un empêchement. Il y a eu la Coupe du monde en 2006, il y a eu la CAN en 2008. On va prendre notre temps pour finir notre maison à Abidjan, après on verra.

–               La maison à Abidjan, c’est tout ce que vous avez comme réalisation ?

–            Non mais, ce n’est pas encore le moment d’en parler. Sinon on a des réalisations en Europe. On a des maisons dans différentes villes, Londres, Marseille, Nantes …

–             Autre chose : quels sont les mots de consolation que vous avez dits à Didier le soir de la défaite en finale de Champion’s league 2008 ?

–            Je lui ai dit que c’est la vie et qu’on n’y pouvait rien. Je lui ai aussi dit qu’il a encore quelques années à jouer, peut-être que l’année prochaine sera la bonne, si Dieu le veut. Mais j’avoue que ç’a été très difficile, surtout qu’il avait pris un carton rouge.

–       Justement, qu’avez-vous ressenti quand il a pris ce carton rouge ?

–            Je me suis effondrée. Le match était pratiquement fini et un carton rouge dans ces moments-là… J’ai surtout pensé à lui, je me suis dit que si son équipe gagnait, il n’allait pas pouvoir participer à la fête. Ce n’est pas facile à vivre, mais c’est du passé maintenant.

–             Votre père était, semble-t-il, footballeur lui aussi

– Oui, mon père aussi a été footballeur. Il a joué au Stade malien, et il a été international…

De mon père et ma mère, je suis enfant unique. Ils m’ont eue quand ils étaient jeunes. Mais mon père s’est remarié et il a eu d’autres enfants. Ma mère aussi

  Accepterez-vous qu’un de vos enfants devienne footballeur, vous qui baignez dans le foot depuis votre enfance ?

–             Le cadet des garçons qui a sept ans joue déjà au foot. Il joue avec les enfants de Chelsea. Il adore le foot. Même bébé, il dormait avec un ballon de football à la place des nounours que tous les autres enfants ont.

–              C’est quoi le plus difficile dans la vie d’une femme de footballeur ?

– Le plus difficile ? Ce sont les absences. Au cours de la saison, Didier a un match tous les trois jours, il va aussi en sélection etc. Il est arrivé une fois où il est parti pour un mois et demi……

–             Il y a aussi la presse. Je ne me mets jamais en avant, mais à Londres quand on rentre dans un magasin, il n’y a personne et au moment de sortir il y a plein de monde dehors avec des photographes et tout. Il y a même des gens qui viennent sonner chez nous. Une fois des gens du Times (un journal anglais, ndlr), je crois, sont venus sonner chez nous. Mais moi, je ne parle pas parce que non seulement je n’ai rien à dire, mais en plus, des fois, les propos sont déformés et tout.

–          Vous ne voulez toujours pas vous montrer en public ?

–            Jamais ! (Elle rit) je ne veux pas. C’est comme ça. Je vis cachée, c’est mon point de vue. Il m’a dit de me montrer au moins une fois. Et puis j’ai fait une interview, la toute première, avec Top Visages en 2006 et je pense que les gens savent maintenant que Didier a une femme.

–       La richesse, la célébrité ont changé quelque chose dans votre vie ?

– Non, ça n’a rien changé. Ni chez lui, ni chez moi. Ce n’est pas parce qu’on a de l’argent qu’il faut le dépenser bêtement. Il se fait plaisir de temps en temps, mais, ça reste modéré. Je regarde et quand je vois qu’il va déborder je le lui dis. Et puis, de toutes les façons, Didier est une personne qui n’est pas dépensière. Il sait mettre les limites. Il y a la famille, il y a la famille africaine aussi, il faut s’en occuper.
   …

–             Ce n’est pas parce que mon mari est célèbre que je ne me considère pas comme madame tout le monde. Ça choque quand je le dis, mais c’est vrai, je ne suis pas compliquée. Quand les gens viennent chez nous, ils voient que je suis une personne simple, sans vouloir me vanter.

–              Ce n’est pas parce que mon mari est connu aujourd’hui que je vais devenir quelqu’un de compliqué. Non ! Quand je suis chez moi, je suis en pagne, en T shirt, en tapettes etc. Ça choque beaucoup de monde, mais bon…
 
  Lalla croit-elle en l’amitié ?

– Oui, je crois en l’amitié, même si je me méfie beaucoup. Je ne fais pas facilement confiance aux gens. En fait, on a tellement profité de moi que maintenant je sais distinguer une personne sincère d’une autre qui ne l’est pas. J’ai une amie que je connais depuis 20 ans, sa mère me considère comme sa fille.

La femme à Blaise Kouassi, c’est une amie. On se connaît depuis le Mans, on est tout le temps ensemble, on se fréquente. Il y a des amis du foot, mais il y a aussi des amis sincères.
 

En tant que femme musulmane, que pensez-vous de la polygamie ?

–             La polygamie ? En tant que femme, je ne peux pas supporter. Mon grand-père paternel avant six femmes, ça se passait très bien entre elles, mais c’était dans l’ancien temps. Moi, personnellement, je suis contre la polygamie. Et puis, de toutes les façons, ce n’est pas dans les plans de Didier.

–         Et l’excision ?

–             Moi, je suis contre l’excision. Personnellement, je ne l’ai pas subie parce que ma mère ne l’a pas voulu. Ma fille ne la subira pas non plus. Et puis ça ne me gênerait pas de militer un jour dans une association qui lutte contre cette pratique.

–           Jalouse ?

Si je vous dis que je ne suis pas jalouse, ça voudra dire que je n’aime pas mon mari. Il y a toujours un pincement au cœur dans certaines situations. Mais, je ne suis pas celle qui va lui poser des questions. En tant qu’Africaine, je ne peux pas lui poser des questions.  …

–            J’ai certes grandi en France, mais j’ai la culture africaine en moi. Je suis croyante, je suis musulmane en plus. Je pense que mon mari est une personne qui ne regarde pas à côté. Ses amis me disent tout le temps qu’en boîte de nuit, pendant que eux regardent les filles, lui, passe son temps à danser.

–              Il y a toujours des filles qui tournent autour d’une star de sa trempe…

– Quand je suis avec lui, il y a bien des filles qui lui sautent dans les bras. Les filles l’attrapent pour faire des photos et tout. Mais je ne peux pas être jalouse.

 Y a-t-il une scène avec des filles qui vous a particulièrement marquée ?

– Oui. Après la CAN 2006, tous les footballeurs et leurs femmes s’étaient retrouvés dans la boîte d’A’Salfo. J’étais assise à côté de Didier, il avait son bras autour de mon cou . Mais il y a une fille qui est venue me piétiner pour lui parler. Quand je lui ai dit qu’elle m’avait marché sur les pieds, elle m’a répondu : « Vous êtes jalouse ? ».

 Qu’avez-vous fait pour « marquer votre territoire » à cet instant précis ?

–            Je n’ai pas réagi, c’est Aruna Dindané qui s’est énervé et a demandé qu’on mette la jeune fille à la porte. Parce qu’il voyait bien qu’elle me provoquait. Moi, je suis restée calme parce que si je réagissais, qu’est-ce qu’on allait dire ? Que je ne laisse pas mon mari respirer, que je suis jalouse etc. Les autres femmes de footballeurs m’ont dit que si elles étaient à ma place, elles allaient gifler la fille. Moi, je préfère rester calme dans ce genre de situation parce que mon mari, il est avec moi, on va rentrer ensemble quoi qu’il arrive.

–    Quel est la plus grande preuve d’amour que Didier Drogba vous a donnée ?

– Les preuves d’amour, c’est tout le temps qu’il me les donne ! Quand on aime une personne, ce n’est pas une seule fois qu’on le lui montre. Il me montre tout le temps son amour, par des gestes, par des cadeaux.

 Si vous apprenez qu’il vous trompe avec une autre, que faites-vous ?

–      Pour l’instant, je ne peux rien dire parce que ce n’est pas arrivé. Si ça arrive, on verra. Mais tant que je ne vois pas, je ne peux rien dire.

                     Source Top Visage.

N.B Le titre et le Surtitre sont de la Rédaction de Bamako Hebdo

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